PSYCHOLOGUE SPECIALISEE EN THERAPIE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE
PSYCHOLOGUE SPECIALISEE EN THERAPIE COMPORTEMENTALE ET COGNITIVE

exemple II :

        M.E est un jeune homme d'une vingtaine d'années qui ne peut plus aller suivre ses cours à l'université. Il a fait ce que l'on appelle une attaque de panique il y a quelques semaines pendant un cours et, ne comprenant pas ce qui lui arrivait, a cru qu'il était en train de mourir tant il s'est senti submergé par ce qu'il ressentait. Il est rentré chez lui et, depuis, ne veut pas retourner à la fac. Petit à petit, il n'est plus sorti de chez lui, par peur qu'une crise revienne le surprendre, d'autant que l'anxiété le reprend à chaque fois qu'il envisage de le faire.

   Dans un premier temps de la thérapie comportementale et cognitive nous utiliserons l'analyse fonctionnelle de la situation de panique et la recherche des facteurs de stress l'ayant précédés pour aider M.E à comprendre et à relativiser ce qu'il a vécu.

Précédemment à cet événement, M.E venait d'apprendre que ses parents menaçaient de se séparer après 27 ans de vie commune et, bien que n'étant plus un enfant, cela lui paraissait incompréhensible, voire impossible. Cela lui fit l'effet d'une véritable rupture entre ce qu'était sa vie jusqu'ici et ce que serait le futur. Cette nouvelle le rendit très anxieux et il se posa beaucoup de questions mais n'en parla à personne. Il dormait moins bien, perdait le goût des choses, devenait irritable et souffrait de migraines .

    A la fac, où l'on connaissait son caractère timide, et comme M.E s'isolait, ses contacts déjà peu nombreux ne se rendirent compte de rien. Il allait en cours mais comme son esprit était préoccupé par ce problème et qu'il n'arrivait plus à se concentrer suffisamment pour suivre, il se mit à sécher les cours. Lors des examens, il fut en difficultés et ses notes s'en ressentirent. Quand son père, à qui il vouait beaucoup d'admiration, lui fit des réflexions et des reproches sur ses notes, il ressentit encore plus d'anxiété de ne pouvoir répondre aux souhaits de son père.

    Lorsqu'il retourna en cours, il se sentait coupable de ses échecs aux examens et toujours anxieux quant à l'avenir. L'équilibre de sa famille allait il voler en éclats ? Cette perspective n'était tout simplement pas compatible avec sa vision de la vie et ses valeurs sur la famille. Préoccupé par ses sombres pensées, très tendu et fatigué, quand le professeur commença son cours et qu'il n'arriva pas à suivre, il envisagea qu'il lui serait impossible de finir ses études et ressenti l'angoisse le submerger. Il fit une attaque de panique : tension musculaire dans le torse, forte migraine, suée, respiration accélérée, sensation d'étouffement, vision floue, bourdonnements d'oreilles.. Ces sensations inconnues lui firent peur et lorsqu'il sortit de l'amphi, M.E cru qu'il allait perdre connaissance. Epuisé, il rentra chez lui où, lorsqu'il refusa de retourner en cours, ses parents se rendirent compte qu'il allait mal.

    Après avoir analysé les facteurs déclencheurs de l'attaque de panique, comme décrits ci dessus, M.E pu reprendre les sorties et le chemin de la fac, s'exposant progressivement à ne plus avoir peur de faire une crise d'angoisse. Il reprit aussi contact avec quelques amis pour se détendre et pu recommencer ses cours. Nous avons ensuite abordé avec M.E son fonctionnement cognitif pour comprendre comment sa croyance en la nécessité de ne pas décevoir son père et la perspective de la séparation de ses parents provoquèrent chez lui des sentiments contradictoires : fierté et déception, colère et sentiment de ne pas être à la hauteur, trahison et peur de l'avenir. Le travail thérapeutique d'expression émotionnelle aida M.E à identifier et à se soulager de ce mélange émotionnel très angoissant pour lui.

La dernière étape de la thérapie comportementale et cognitive était axée sur les valeurs fondamentales de M.E. D'abord, pour que M.E se sente affirmé par rapport aux valeurs qui sont essentielles pour lui . D'autre part, pour qu'il entrevoit que ses parents puissent avoir une autre vision que lui, sans que cela remette en question tout ce en quoi il croit ou aspire. Ce dernier travail d'affirmation de soi a permis à M.E d'amorcer son indépendance vis à vis de ses parents sans ressentir angoisse ou culpabilité.

 

 

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© GENDRE CATHERINE